Société
RedNote ou les réfugiés du “scroll”
Les applications RedNote (Xiǎohóngshū) et TikTok installées sur un smartphone. © Jens Kalaene/dpa/Sipa
Cet article est réservé aux abonnés.
Le Petit Livre rouge, ça vous dit quelque chose ? Pas le manuel maoïste des années 1960, l’autre : cette application dont tout le monde parle depuis une semaine ! À sa création en 2013, rien ne la destine au succès planétaire. Alors appelée sobrement « Hong Kong Shopping Guide », c’est une plateforme de recommandations à destination des touristes chinois. Elle prend de l’ampleur dans les années 2020, jusqu’à être qualifiée de « réponse chinoise à Instagram », non sans s’être au passage renommée « Xiǎohóngshū », qu’on peut traduire par « Petit Livre rouge »… et « RedNote » dans sa version anglaise.
Jusqu’à fin décembre 2024, 85% du trafic de l’application se faisait en Chine uniquement. Jusqu’à un coup de projecteur massif, début janvier, qui en a fait lundi 14 janvier l’application gratuite la plus téléchargée de l’AppStore. En cause ? La menace d’une suspension de TikTok aux États-Unis, brandie depuis des mois et finalement mise en application seulement 24 heures, dimanche dernier, avant un sursis de 75 jours accordé par Donald Trump. Des milliers d’adolescents américains, cherchant une alternative, ont débarqué sur l’application chinoise sous la bannière du hashtag #TikTokRefugee – vu plus de 100 millions de fois la semaine dernière.