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Réputation
Cet article est issu du numéro 150 de Philosophie magazine « Pourquoi on s’énerve ? », en kiosque le 03 juin 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Cinq philosophes redorent notre blason !
Marc Aurèle (121-180)
Pour le stoïcien, l’attachement à sa réputation est vain : « Combien d’hommes ne savent pas ton nom ; combien l’auront vite oublié ; combien qui te louent peut-être maintenant, bientôt te vilipenderont ! » Fluctuante comme « toute autre chose », la gloire est de ces attributs qui « ne valent pas la peine d’en parler ! »
Nicolas Machiavel (1469-1527)
Machiavel encourage au contraire le prince à soigner sa réputation afin d’asseoir son pouvoir et son autorité. Il prodigue des conseils pratiques à l’intention des dirigeants : ne pas craindre d’être cruel, être libéral en dépensant les richesses d’autrui et éviter la haine de ses sujets. La recette d’une réputation solide !
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
À l’état de nature, l’homme ne se soucie pas de son image. Il ne commence à y faire attention que lorsqu’il entre en société. Rousseau déplore ainsi la transformation de l’amour de soi en amour-propre : le premier, naturel, reflète le moi intérieur, tandis que le second, artificiel, est la production fâcheuse du regard d’autrui.
Arthur Schopenhauer (1788-1860)
On s’égare en cherchant la reconnaissance ou la considération d’autrui ! Dans De la réputation, le penseur expose les difficultés que doit traverser l’individu soucieux de sa notoriété, compte tenu du manque de discernement de la foule… Et la vanité de cette quête, car le bonheur ne saurait reposer sur un bien aussi incertain.
Pierre Bourdieu (1930-2002)
Tout reste affaire de distinction, selon le sociologue. Car les individus luttent pour tenir leur place grâce à leur capital économique, social, mais aussi « symbolique », acquis à l’ancienneté, par accumulation. « Communément appelé prestige, réputation, renommée », il confère bien le pouvoir… mais pas forcément le bonheur.