Sac plastique. Polymère nature
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 97 de Philosophie magazine « Peut-on choisir ses désirs ? », en kiosque le 18 février 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
On les pensait éternels, mais les voilà bientôt interdits par la loi. Pour le salut de la planète… ou celui de notre bonne conscience ?
Qui dira le geste vif de l’avant-bras par lequel on l’arrache du grand rouleau qui flanque les étals ? Et la pression contradictoire du pouce et de l’index pour ouvrir le sac, dans un bruit de chiffon métallique, en y faisant glisser l’air entre les microniques parois accolées ? La splendeur dégoûtante de ses feuilles sans arbres qui parsèment le macadam, de ses montgolfières bigarrées dont le vol renseigne sur le sens du vent ? La délicatesse accablante à laquelle doit se résoudre le consommateur pour y faire tenir, sans le déchirer, des aliments contondants ? Qui, hormis les océans qu’il pollue sans vergogne, se souviendra du sac plastique à usage unique, une fois qu’il aura rejoint le cimetière des créations inconséquentes et des trouvailles indéfendables ?