Hors-série "Sagesses du monde"
Schopenhauer et la pensée indienne
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Cet article est issu du Hors-série n°n° 44 de Philosophie magazine « Sagesses du monde », en kiosque le 30 janvier 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La découverte de la pensée issue des Veda fut une révélation pour Schopenhauer. L’appel au dépassement de l’individualité et à la pitié envers tous les êtres vivants rejoint sa pensée profonde. Aussi fut-il l’un des tout premiers à faire des Veda une source philosophique à part entière.
« J’ai [...] un caniche, et quand il fait une bêtise, je lui dis : fi, tu n’es pas un chien, tu n’es qu’un homme. Oui, un homme ! Tu devrais avoir honte. » À ce chien qu’il aimait tant, Schopenhauer donna le nom d’Atma – référence à peine voilée à la notion indienne d’atman : le soi véritable, réconcilié avec le brahman, la conscience universelle, et opposé à l’ahamkara, le petit ego mesquin et individuel. C’est dire l’influence que la pensée issue des Veda exerça sur Schopenhauer.
Le philosophe est né en 1788, l’année où la Société asiatique de Calcutta commence la publication des vingt volumes de ses « Recherches asiatiques ». C’est sans doute vers 1813, alors que s’élabore son maître ouvrage, Le Monde comme volonté et comme représentation (1819), que Schopenhauer découvre la pensée indienne, par l’entremise de l’orientaliste Friedrich Maier. Peu de choses, alors, sont parues en allemand, mais Schopenhauer lit la traduction latine parue en 1802 de l’Oupnek’hat par Anquetil-Duperron (1731-1805), révélateur du zoroastrisme et de la philosophie hindoue en Occident, ou encore, en français, la Mythologie des Indous de Marie-Élisabeth de Polier.