Clivages
Sciences dures / sciences molles
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Cet article est issu du numéro 53 de Philosophie magazine « 53 - octobre 2011 », en kiosque le 29 septembre 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La science fascine et fait peur. On lui voue même un culte. Comment l’aborder avec plus de raison ? En scrutant ses deux faces et en se penchant sur la manière, exacte mais humaine, dont elle construit ses hypothèses.
Notre époque qui ne croit plus en rien croit pourtant très fort en la science. Au point même d’en faire une sorte d’idole au sens le plus archaïque, à la fois vénérée et crainte. En effet, la science semble le seul élément un tant soit peu solide et fiable au sein d’un monde désenchanté et spontanément sceptique ; pourtant, ses applications sont souvent perçues comme des menaces terrifiantes : OGM, nanotechnologie, nucléaire, clonage… Bref, la science rassure et terrorise tout à la fois, à l’instar des divinités de jadis. Comment échapper à cette schizophrénie ? Comment « défétichiser » la science ?
Il faut d’abord remarquer que cette divinité moderne a deux faces : l’une est dure (mathématiques, physique…), l’autre molle (histoire, sociologie…). D’un côté, les sciences exactes de la démonstration et de l’expérimentation, qui semblent solides parce que « vérifiables ». De l’autre, les sciences de l’homme ou de l’esprit, dont la scientificité et le sérieux ne cessent d’être soumis à caution, même si elles paraissent plus « sympathiques » et accessibles que les premières.