Édito

Croyances molles et dures

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Croyances molles et dures

© Dupuy & Berberian pour PM

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Cet article est issu du numéro 65 de Philosophie magazine « 65 - décembre 2012, janvier 2013 », en kiosque le 29 novembre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

C’est peu dire que nous vivons une époque de croyances molles. Par stratégie, par lassitude, par manque de ferveur parfois, les croyants tendent à revoir au rabais les dogmes, à polir les angles de leurs articles de foi. Ils s’en remettent ainsi à des positions vagues et consensuelles avec lesquelles l’athée, à moins d’avoir grandi dans la marmite chaude bouillante de l’anticléricalisme d’il y a un siècle, ne peut que tomber d’accord : « notre existence sur cette planète cache un mystère » ; « la science n’explique pas tout » ; « l’amour est impossible si l’on ne croit pas en quelque chose qui nous dépasse »… Telles sont aujourd’hui les positions soft, les phrases passe-partout de ce bréviaire mou. On en oublie presque qu’il y a, dans la foi authentique, un scandale pour la raison, et dans l’idée de Dieu elle-même, un principe d’excès faisant éclater toutes les catégories de la logique ordinaire.

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