L’image
Machine molle
Vue du robot “slime” magnétique développé par l’université de Hongkong. © Courtesy Chinese University of Hong Kong
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Cet article est issu du numéro 159 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qui nous rend courageux ? », en kiosque le 05 mai 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Vous imaginiez les robots comme un assemblage rigide de circuits et d’engrenages ? Détrompez-vous ! Une équipe de l’université de Hong Kong a récemment mis au point un prototype de robot mou. À vrai dire, l’idée n’est pas complètement nouvelle. La robotique molle suscite l’intérêt depuis au moins le début des années 2010. Mais le slime (« substance visqueuse ») développé se révèle particulièrement prometteur : « Les robots miniatures magnétiques à corps mou permettent un accès non invasif à des espaces restreints et offrent des solutions idéales pour la chirurgie mini-invasive, la micromanipulation et l’administration ciblée de médicaments », commentent les scientifiques à l’origine du projet dans la revue Advanced Functional Materials. Soigner le corps humain en s’inspirant du corps humain, telle est l’ambition. En effet, comme l’écrivent les historiens Laurence Guignard, Pascal Raggi et Étienne Thévenin dans Corps et machines à l’âge industriel (Presses universitaires de Rennes, 2011), « l’homme est un “robot mou” (soft robot) », ce qui le rend « habile dans les tâches de préhension et de manipulation […], contrairement aux robots industriels qui sont très lourds pour obtenir une précision millimétrique en bout de pince ». Au regard des rigidités de la robotique traditionnelle, le robot mou ne ressemble-t-il pas comme deux gouttes d’eau à de la matière organique ?