Serge Rezvani. La mémoire qui tranche

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Cet article est issu du numéro 119 de Philosophie magazine « Le culte de la perfection. Jusqu’où s’améliorer ? », en kiosque le 26 avril 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

On connaît Serge Rezvani par l’entremise d’un “bel accident” : que Jeanne Moreau ait chanté les chansons qu’il gardait pour sa femme, comme “Le Tourbillon” – popularisé par François Truffaut dans son film “Jules et Jim” – et “J’ai la mémoire qui flanche”. Ces deux airs sont inclus dans le coffret CD/DVD et le disque vinyle parus il y a peu aux éditions Jacques Canetti. À tout juste 90 ans, ce peintre passé par les mots “pour poursuivre [s]on interrogation socratique” a encore “des projets pour dix ans”. Notamment un livre sur “la philosophie du jardin”. 

Quel est votre démon ?

Savoir ce que je ne veux pas vivre.

 

Le combat dont vous êtes le plus fier ?

Être toujours resté libre et suffisamment en curiosité pour ne pas me répéter.

 

Ce que vous ne feriez jamais gratuitement ?

Je n’ai pas voulu battre la monnaie de ma peinture. J’ai refusé d’écrire des chansons quand on me le demandait. J’ai toujours tout fait gratuitement !

 

Préférez-vous produire des œuvres ou des enfants ?

Je n’ai pas voulu d’enfant et je ne fais pas d’œuvre. J’aime être en production. Si mon atelier brûlait, ce serait un soulagement. C’est ce qu’on vit là qui est important.

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