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Série “Empathie” : faut-il préférer la lucidité à la folie ?

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Série “Empathie” : faut-il préférer la lucidité à la folie ?

La série “Empathie” réalisée par Florence Longpré. © Trio Orange

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La série Empathie, réalisée par Florence Longpré, montre des patients si fragilisés psychiquement qu’ils ont perdu contact avec la réalité. Faut-il tout faire pour leur donner accès au « vrai » monde ? Faisons la lumière sur cette question grâce au mythe de la caverne de Platon.


« Putain de vie ! » L’expression revient plusieurs fois dans la série canadienne Empathie réalisée par Florence Longpré et disponible en France sur Canal+, qui retrace à coups de flash-back saisissants les existences écorchées vives des malades de l’« aile D » de l’hôpital Mont-Royal. Le lieu, fictif, prend en charge les personnes jugées irresponsables des crimes qu’elles ont commis. La docteure Bien-Aimé (Florence Longpré), accompagnée de Mortimer Vaillant (Thomas Ngijol) qui assure sa sécurité, épaule ces patients, les accompagne sur le plan médical et tente quand cela est possible de les faire cheminer vers plus de lucidité. 

De l’homicide à la tentative d’infanticide en passant par l’incendie criminel, les actes commis par les patients sont graves, et leurs comportements pour le moins intenses. Un patient souffre d’une paranoïa qui l’empêche de sortir de sa chambre, une autre ne s’exprime que par des hurlements de désespoir, un dernier ne cesse de provoquer le personnel hospitalier en mettant de la terre et autres substances comestibles à l’intérieur de son slip… Tout au long de la série, les personnages sont à vif, au bord de la crise, à deux doigts de hurler, de fondre en larmes, ou de commettre l’irréparable. Ils évoluent tous, sur un fil minuscule, tendu entre la vie et la mort. 

“C’est troublant, on dirait qu’il aime ses hallucinations !”Mortimer Vaillant, personnage de la série “Empathie”

Au cœur de ce monde exsangue et cabossé, émerge un personnage en particulier : Monsieur Dallaire, un sexagénaire au regard doux, à la barbe blanche un peu hirsute et au sourire mélancolique, incarné par Benoît Brière (photo). Quand la docteure le rencontre pour la première fois, il est hagard. Incapable de regarder son interlocuteur, il communique par voie hallucinatoire avec ceux qu’il appelle ses « frères d’armes », accompagné d’un petit chien : « Saucisse ». « C’est troublant, on dirait qu’il aime ses hallucinations ! » remarque Mortimer, après la consultation médicale de ce patient quasiment mutique. En effet, Monsieur Dallaire n’a pas l’air malheureux : juste inexorablement hors du monde. 

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