Outre-mer / Politique
Souveraineté partagée en Nouvelle-Calédonie : l’invention d’un modèle politique
Conclusion du Sommet pour l'avenir de la Nouvelle Calédonie, à l’Elysée, le 12 juillet 2025. L’accord négocié pour retrouver la paix en Nouvelle-Calédonie et réconcilier indépendantistes et loyalistes repose sur une conception ambiguë de la souveraineté, faisant le « pari de la confiance ». Un exemple inédit de pragmatisme qui pourrait essaimer ? ©Éric Tschaen/Réa
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Cet article est issu du numéro 192 de Philosophie magazine « L’IA et moi », en kiosque le 21 août 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’accord négocié pour retrouver la paix en Nouvelle-Calédonie et réconcilier indépendantistes et loyalistes repose sur une conception ambiguë de la souveraineté, faisant le « pari de la confiance ». Un exemple inédit de pragmatisme qui pourrait essaimer ?
Une « souveraineté avec la France ». C’est ainsi que Manuel Valls, le ministre des Outre-mer, a synthétisé l’accord trouvé avec les différentes parties impliquées dans les négociations sur l’avenir constitutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Ces discussions ont été menées pour sortir du conflit qui déchire l’archipel entre indépendantistes et loyalistes – les émeutes ont fait l’an dernier quatorze morts et des milliards d’euros de dégâts. Si l’engagement arraché le 12 juillet, après des jours de négociation dans le huis clos d’un hôtel à Bougival, dans les Yvelines, ne fait pas encore l’unanimité et que la frange la plus radicale du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) regrette qu’elle n’ait pas abouti à une « pleine souveraineté » ou à l’indépendance, il reste que ce texte trace une voie institutionnelle inédite. Il prévoit notamment la création d’un « État de la Nouvelle-Calédonie » au sein de la République, le droit d’obtenir une double nationalité française et calédonienne, et la possibilité de transférer des compétences régaliennes comme la diplomatie, la défense, la justice, la sécurité et la monnaie. « Il est convenu d’une organisation institutionnelle sui generis de l’“État de la Nouvelle-Calédonie” au sein de l’ensemble national, inscrit dans la Constitution de la République française. » Ces principes d’auto-organisation devraient être consacrés dans une « loi fondamentale » adoptée au cours de l’année 2026.