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Stéphane Floccari : “Le PSG récolte les fruits d’une longue histoire qui est aussi celle de la revanche et de la rédemption”

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Stéphane Floccari : “Le PSG récolte les fruits d’une longue histoire qui est aussi celle de la revanche et de la rédemption”

Les joueurs du Paris Saint-Germain Football Club célèbrent leur victoire en Ligue des champions de l’Uefa lors de la finale PSG-Inter Milan à Munich (Allemagne), le 31 mai 2025. © IPA/SIPA

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Engouement populaire, force du collectif, préparation mentale des joueurs… Les pistes sont multiples pour expliquer la victoire écrasante du PSG face à l’Inter Milan (5-0) en finale de la Ligue des champions. Stéphane Floccari, professeur de philosophie à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) et auteur de Pourquoi le football ? (2021), décortique ce résultat sportif inattendu.


 

Quel est le sens de cette victoire sportive par un collectif “mondialisé”, avec des joueurs et des entraîneurs qui viennent de toute l’Europe, un financement qatari et une inscription locale dans la ville et l’histoire de la capitale ? 

Stéphane Floccari : Aucun sport n’est individuel et aucune victoire ne l’est non plus. Même dans les sports individuels, il y a toujours un collectif. Pour faire un Djokovic ou un Nadal, des dizaines de personnes s’activent afin que le sportif soit mis en condition de réaliser un exploit. Concernant l’apport financier qatari, plus de deux milliards d’euros ont été investis en treize saisons. Il aura fallu treize ans pour que le club [le PSG, soit le Paris Saint-Germain Football Club] atteigne son objectif. Ce qu’on observe, c’est qu’il ne suffit pas de mettre de l’argent sur la table et de mobiliser des gens pour faire un collectif. Un collectif est plus qu’une somme de personnes. C’est quelque chose de mystérieux qui est au-delà de la simple réunion des gens. Ce qui est nouveau, c’est que les joueurs actuels du PSG sont un peu moins des produits d’appel qui doivent accélérer la notoriété du club. Il y en a eu quatre comme ça (Neymar, Messi, Ibrahimovic, Beckham), qui ont été des accélérateurs sémiotiques de publicisation du club. Le PSG est devenu un produit de luxe visible et identifiable dans le monde entier. L’autre élément nouveau, au-delà de l’abandon de la logique des stars à tout-va, c’est l’arrivée de Luis Enrique. Le coach espagnol apporte le collectif par sa singularité, ce qui lui donne un sens nouveau, une orientation nouvelle. Cette orientation est paradoxalement un hypercontrôle du collectif. Avec Luis Enrique, on a l’impression d’une machine huilée, où chacun a sa place. Par son enthousiasme et son sérieux, il est l’huile du moteur. C’est tout à fait impressionnant mais ce n’est pas une création ex nihilo, spontanée. C’est d’abord tout le bénéfice des efforts faits par le club dans les années d’avant, et puis la capacité à modifier le modus operandi. Ils se sont rendus intouchables, et c’est quelque chose d’assez incroyable. Il n’y a pas de « miracle PSG ». Mais il y a quelque chose qui se passe, c’est un beau moment et une très belle preuve de la nécessité de trouver des synergies collectives. Par ailleurs, un collectif n’est pas une somme arithmétique, c’est une géométrie variable. Cette géométrie est celle des personnalités, des investissements personnels, des talents, des horizons, des âges. Le football n’a jamais été aussi international, même s’il l’est en réalité depuis les années 1990 et l’arrêt Bosman.

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