Stratagème n°36. Utilisez la double négation

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Cet article est issu du numéro 78 de Philosophie magazine « 78 - avril 2014 », en kiosque le 27 mars 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Comment s’en servir

Un bon moyen d’embrouiller votre adversaire est de présenter ce que vous dites sous forme de négation redoublée, en utilisant des formules comme « vous n’êtes pas sans ignorer que » (qui signifie : vous ignorez) ou « je ne connais personne qui ne soit venu contester ce que vous dites » (qui veut dire que tout le monde est en désaccord avec vous). Ce genre de procédé est très apprécié des concepteurs de tests ou de concours pour piéger les candidats. Par exemple, lors de l’examen du code de la route (« N’est-il pas interdit de se garer ici ? ») ou à l’occasion d’un commentaire de texte philosophique (Descartes écrivant dans le Discours de la méthode que la première règle à suivre pour connaître la vérité est « de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle »). À l’oral, ce stratagème est encore plus redoutable. L’astuce vient de ce que, en insérant dans votre discours des doubles négations, vous obligez votre adversaire à perdre du temps pour interpréter vos dires. Vous créez ainsi les conditions pour dénoncer son manque de vivacité, qui peut aisément passer pour de la stupidité. Il faut alors profiter de ses hésitations et de son silence, pour clore la discussion : « Je vois que ma thèse est trop subtile pour vous », ou bien : « Votre silence prouve que vous n’êtes pas à la hauteur du débat ; restons-en là ! »

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