Guy Debord, un art de la guerre
Tactique et stratégie
Alice et Guy Debord jouant au Jeu de la Guerre, août 1987. Photographie de Jeanne Cornet © BnF, dpt. Manuscrits, fonds Guy Debord
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« Les publications situationnistes étaient très discrètes, tirées à quelques exemplaires et distribuées de façon confidentielle : ainsi la revue Potlatch, qui inscrit l’ambition de travailler à “l’établissement conscient et collectif d’une nouvelle civilisation”, ou Lèvres nues, dans laquelle Debord réitère le choix “d’un comportement ludique-constructif”. L’Internationale situationniste elle-même n’est présente que dans quelques librairies “militantes” comme La Vieille Taupe…
Cette confidentialité renforce l’aura conspirationniste des situationnistes. Mystère, refus des idéologies et des logiques de système : les situationnistes tout en accompagnant la vague de Mai-68 s’en distinguent. Si les événements marquent profondément Guy Debord, il demeure critique de toute forme partitaire. Les situationnistes refusent d’ailleurs le “situationnisme” : il existe des penseurs, mais ni leaders ni doctrine, et aucunement l’ambition d’inspirer un mouvement révolutionnaire.