Tata Milouda. Slamer m'a libérée

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Tata Milouda. Slamer m'a libérée

© Franck Ferville pour PM

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Cet article est issu du numéro 43 de Philosophie magazine « 43 - octobre 2010 », en kiosque le 30 septembre 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

À 50 ans, Tata Milouda apprend à lire et à écrire. C’est le début de la conquête de sa liberté. À 60 ans, sur scène, elle raconte avec humour sa sortie de l’ignorance et clame qu’il n’est jamais trop tard…

« Une amoureuse de la vie, tombée amoureuse du slam… » Le sourire radieux et le geste généreux, Milouda Chaqiq paraît chanter la mélodie du bonheur avec l’entrain d’une petite fille émerveillée d’avoir réalisé ses rêves. C’est pourtant le chant de révolte d’une femme insoumise qui gronde sous cet hymne à la vie. Arrivée en France sans papiers, et sans savoir ni lire ni écrire, cette femme de ménage marocaine a 50 ans quand elle se lance à la conquête de la langue française, et près de 60 quand elle monte sur scène pour la première fois. Sous le nom de « Tata Milouda », elle chante, danse et slame désormais sa vie, en donnant à son histoire d’amour avec les mots les couleurs d’une éclatante revanche sur le destin.

Dates clés

  • 1950 Naissance à Machraa Ben Abou (Maroc)
  • 1989 Arrivée en France
  • 1993 Divorce
  • 2000 Cours d'alphabétisation
  • 2007 Début sur scène

« Jamais, jamais dire jamais. Mieux vaut tard que jamais… » Ainsi scandés, les mots les plus simples claquent comme résonne le refrain d’une vie. Mariée à 14 ans à un homme irascible et violent, elle laisse ses six enfants pour venir à Paris gagner l’argent nécessaire à la construction de leur maison… avant de se découvrir bernée et d’obtenir le divorce au terme d’une longue bataille avec les autorités marocaines. « Mieux vaut tard que jamais, il n’y a pas d’âge pour s’instruire », lui glisse un jour sa patronne. Fatiguée par la peur de se perdre dans cette ville immense, qui s’ajoute à la terreur du contrôle de police, Milouda l’écoute. Elle se lance, puis renonce et se résigne.

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