« Toute morale est d’essence biologique »

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Cet article est issu du numéro 37 de Philosophie magazine « 37 - mars 2010 », en kiosque le 25 février 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Henri Bergson , Les Deux Sources de la morale et de la religion (1932)

Henri Bergson en six dates

  • 1859. Naissance à Paris. 
  • 1900. Nommé professeur au Collège de France. 
  • 1907. Publication de L’Évolution créatrice. 
  • 1917. Mission diplomatique auprès du président Wilson, pour convaincre les Américains d’entrer en guerre aux côtés de la France. 
  • 1927. Prix Nobel de littérature. 
  • 1941. Mort d’un refroidissement pulmonaire.

Si vous consultez un prêtre, un psychanalyste ou un penseur rationaliste, la réponse reste toujours la même : avoir une conduite morale, c’est lutter contre ses appétits, réprimer ses pulsions, contrôler ses instincts. Qui oserait réduire l’éthique à de la biologie, ou à une manifestation vitale ? C’est tout le contraire, raison pour laquelle la morale paraît pénible et bien ennuyeuse… Mais voilà qu’Henri Bergson, le sage respecté, l’humaniste, le penseur vedette de l’entre-deux-guerres, conteste cette idée reçue. Dans les années 1930, il semble verser dans la provocation, à la fin du premier chapitre des Deux Sources de la morale et de la religion, en écrivant que « toute morale est d’essence biologique ».

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