Belgique / Société
Travail du sexe : une activité salariée comme les autres ?
Prostitution dans le quartier rouge d'Anvers, en Belgique. © Jimmy Kets/Reporters/Réa
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Cet article est issu du numéro 186 de Philosophie magazine « Qu'est-ce qu’un rapport sain à l’argent ? », en kiosque le 16 janvier 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
En décembre 2024, en Belgique, est entrée en vigueur une loi qui permet aux travailleuses (et travailleurs) du sexe de bénéficier d’un contrat de travail classique. Une approche qui continue de diviser les féministes.
La Belgique, qui avait dépénalisé le travail du sexe en 2022, vient de passer un nouveau cap avec une loi novatrice qui assure aux travailleuses (et travailleurs) du sexe la protection de tous les salariés. Cela leur permet de bénéficier d’une couverture sociale, d’un encadrement de la durée du travail, de congés payés, d’arrêts maladie et d’une retraite. Si on lit dans le détail la loi promulguée le 3 mai 2024 et entrée en vigueur en décembre, certains points laissent songeur : ainsi, le travail du sexe est interdit aux étudiant.e.s, et il ne peut pas être effectué « en tant que travailleur occasionnel ». Assez étrange d’exiger le plein temps ! D’autre part, un travailleur du sexe peut refuser certains clients, mais s’il le fait plus de dix fois en six mois, cela ouvre une procédure pouvant mener au licenciement. Cette loi a donc pour effet de tracer une frontière entre deux mondes : d’un côté, le proxénétisme et la prostitution exercés sans agrément, illégaux ; de l’autre, des « employeurs » et des « travailleuses du sexe » qui ont le droit d’adhérer à des syndicats. Une telle initiative est à l’opposé de l’approche abolitionniste de la Suède, où un projet de loi prévoit d’aller jusqu’à 3 000 euros d’amende et à une peine de prison de six mois pour les clients.