Société / France

Valeur travail ou travail valorisant ?

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Valeur travail ou travail valorisant ?

© Yvon Lambert/Agence VU

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Cet article est issu du numéro 155 de Philosophie magazine « À quoi voit-on qu’on a vieilli ? », en kiosque le 02 décembre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La « valeur travail » s’est imposée dans l’espace public et les débats politiques comme un nouvel enjeu idéologique. Auquel s’opposerait le « travail bien fait » ? Analyse avec le psychanalyste de la souffrance au travail Christophe Dejours.

 

« Aujourd’hui comme hier, vous le voyez, le travail continue donc d’être notre boussole, le fil rouge de notre action », annonçait le président de la République au cours de son allocution télévisée du 9 novembre. Il reprenait ainsi le fil de déclarations amorcées cet été, plaidant notamment pour la réforme de l’assurance chômage, entrée en vigueur le 1er décembre, ainsi que la réforme du système des retraites et l’allongement des carrières professionnelles. Emmanuel Macron, qui se présentait dès 2017 comme le « candidat du travail », martèle donc une antienne de campagne – il a prononcé une vingtaine de fois le mot « travail » en moins de vingt-huit minutes ! Selon lui, « c’est le travail qui nous permet de créer des liens, d’augmenter notre pouvoir d’achat, de progresser tout simplement dans la vie en accédant à la propriété, en protégeant notre famille, nos proches, en concrétisant nos projets. Mais aussi parce que, sur le plan collectif, le travail de tous est ce qui nous permet, en tant que Nation, de faire nos choix, et de garantir notre indépendance ». Il est plus qu’une simple valeur sur le marché, il permet de « construire sa vie, de mener à bien ses projets ». Bref, le travail a une valeur en soi. Il est l’essence de l’homme, ce par quoi ce dernier manifeste son autonomie, sa responsabilité, sinon sa solidarité générationnelle, familiale et nationale. 

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