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Une culture peut-elle être porteuse de valeurs universelles ?
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Cet article est issu du numéro 113 de Philosophie magazine « Y a-t-il encore une vérité ? », en kiosque le 28 septembre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Analyse des termes du sujet
« Une culture »
Ensemble de faits, de valeurs relatifs à un lieu et à une époque, civilisation, partie de la culture, contraire à la nature.
« peut-elle »
Possibilité de fait ? De droit ? Est-ce une prétention légitime ?
« porteuse »
Constituée de, productrice, exportatrice.
« valeurs »
Normes, principes moraux, politiques, sociaux, religieux. Qualitatif (légitimité), quantitatif (poids, prix).
« universelles »
Valables partout et tout le temps de fait ou de droit. Contraires : singulières, particulières.
Défrichage
Premières intuitions
On entend beaucoup parler de multiculturalisme, voire de choc des cultures ou des civilisations. Les cultures apparaissent donc d’abord comme plurielles, diverses ou opposées. L’universel, c’est tout le contraire : ce n’est pas ce qui est relatif au temps et à l’espace comme le sont les cultures.
L’universel désigne au contraire ce qui s’applique ou peut s’appliquer partout et tout le temps. Immédiatement, chaque culture semble donc plutôt porteuse de valeurs qui sont nécessairement particulières, voire singulières, au point que la confrontation de ces cultures peut dégénérer en conflit…
Et pourtant, nous constatons de l’universel, ou au moins nous y aspirons. La démocratie, l’égalité, la solidarité par exemple ne sont-elles pas des valeurs dont nous pouvons spontanément souhaiter qu’elles s’étendent universellement ?
Exemples qui viennent à l’esprit
La Déclaration universelle des droits de l’homme : comme son nom l’indique, elle semble être un exemple de valeurs universelles, produites et exportées par une culture particulière.
Les croisades, le soft power : ces exemples montrent l’ambivalence de la prétention d’une culture à porter des valeurs universelles. Cette prétention conduit ici à des conflits lorsqu’elle est incarnée de manière violente (croisades), mais elle peut aussi être critiquée comme le prolongement par d’autres moyens de la domination économique ou politique d’une culture sur les autres, même lorsqu’elle est portée de manière non violente (soft power).
Le droit : les normes juridiques varient dans l’espace et dans le temps, mais on y retrouve certaines valeurs universelles – l’interdit du meurtre, la garantie de la propriété, la condamnation de la violence…