Édito

Travailler moins pour penser plus

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Travailler moins pour penser plus

© Dupuy & Berberian pour PM

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Cet article est issu du numéro 52 de Philosophie magazine « 52 - septembre 2011 », en kiosque le 25 août 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Si l’on manque aujourd’hui de grands philosophes, de la taille d’un René Descartes par exemple, c’est peut-être que les universitaires et les intellectuels de notre temps… travaillent trop. Ils emploient trop de temps à lire et à écrire, à réfléchir, et finalement ne parviennent pas à dégager les angles saillants que réclament les idées claires et distinctes. C’est que les penseurs d’aujourd’hui, ceux du moins qui font carrière, ont d’abord été des élèves modèles, dressés par une scolarité exemplaire à passer le plus clair de leur temps assis à une table, les yeux noyés dans une perpétuelle étude.

À l’heure où le culte de l’efficacité et l’enchaînement continu des tâches imposent une cadence folle dans tous les secteurs d’activité, il convient de rappeler des méthodes de travail qui ont fait leur preuve, celles de René Descartes. Et notamment, l’usage franchement immodéré qu’il faisait de la grasse matinée, aux dires de son biographe historique, Adrien Baillet (1649-1706) : « Il dormait beaucoup, ou du moins son réveil n’était jamais forcé ; lorsqu’il se sentait parfaitement dégagé du sommeil, il étudiait en méditant couché, et ne se relevait qu’à demi-corps, par intervalle, pour décrire ses pensées. C’est ce qui le faisait souvent demeurer dix heures et quelque fois douze dans le lit. »

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