Motifs cachés
Un bon vieux pacte avec le diable
Illustration : © Oriane Safré-Proust/Valérie Oualid pour PM
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Cet article est issu du numéro 143 de Philosophie magazine « De la fin de la démocratie en Amérique », en kiosque le 24 septembre 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Au moment d’ouvrir l’espace client de votre opérateur, une bouffée de nostalgie vous étreint. Avec Méphistophélès, au moins, on pouvait négocier le contrat et le rachat de son âme.
Vous vous souvenez de ces contes où le héros voit s’avancer vers lui un personnage séduisant et irrésistible, mais affichant tout de même un léger handicap (il boite) ou un détail bizarre (sa barbe rousse en pointe) ? Détail auquel le héros ou l’héroïne ne prête pas attention, parce que le personnage en question apparaît, évidemment, à une période charnière de son existence, à un carrefour où tout semble perdu. Ce personnage, qui se trouve être le diable, ou tout au moins quelqu’un qui lui ressemble, propose quelque chose dont il a le secret : un pacte.
Un pacte avec le diable a ceci de particulier d’exaucer votre désir le plus profond. Dans les contes populaires, le souhait peut être superficiel, comme celui de manger un boudin qui finit par vous pendre au nez. Mais plus l’histoire est mythique, plus le souhait renvoie à un désir profondément humain. Le Faust de Goethe s’ouvre sur le désespoir d’un érudit comprenant qu’il a laissé filer les plus belles années de sa vie, plongé dans ses livres, tout ça pour quoi ? Pour atteindre un absolu dont il ne sait toujours rien. A-t-il perdu toute chance de trouver l’amour et de vivre enfin ? Entre Méphistophélès…