Un philosophe au singulier
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 126 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’une saine colère ? », en kiosque le 10 janvier 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Suivre ses inclinations sans pour autant sombrer dans un égoïsme incompatible avec la vie en société : telle est la ligne de crête choisie par Emerson. Qui irriguera une bonne partie de la culture américaine à sa suite.
Ceux qu’il a lus
Platon (428-348 av. J.-C.)
Dans De l’utilité des grands hommes, Emerson donne à Platon la première place parmi les philosophes : toute l’histoire de la pensée n’a fait que commenter les catégories platoniciennes sans rien y ajouter. Le transcendantalisme n’échappe pas à cette lignée : Emerson évoque dans La Nature « l’amour de la Beauté » qu’assouvit la contemplation de la nature, identifiant cette dernière au « cosmos » des Grecs, mot qui signifie à la fois« ordre » et « beauté ».
Michel de Montaigne (1533-1592)
« La philosophie que nous voulons est une philosophie de mobilité et de fluidité », déclare Emerson. Ce goût pour une pensée en mouvement qui refuse le dogmatisme et la cohérence absolue, il le doit à Montaigne, « le plus franc et le plus honnête des écrivains » (Montaigne ou le sceptique) auquel il voue une vraie « passion » . Penser sans jamais renier son caractère, en tirant même des leçons de sa propre personnalité, c’est ce que retient Emerson de Montaigne.