Décryptage

Un philosophe a regardé “Hold-up”

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Illustration du documentaire “Hold-up”

Illustration du documentaire “Hold-up”. © Riccardo Milani/Hans Lucas/AFP

Huit mois après le début de la crise du Covid, et alors que les salles de cinéma sont fermées, la pandémie tient déjà son premier blockbuster. La superproduction n’est pas réalisée par Michael Bay, mais par le journaliste Pierre Barnérias. Son nom ? Hold-up (visible ici gratuitement, dans son intégralité). Sorti le 11 novembre, ce documentaire de 2h43 est facilement qualifiable de « complotiste », tant il brasse de fausses informations au service d’une lecture catastrophiste de l’actualité, où la crise serait due à une manipulation des élites mondiales, et où se croisent Bill Gates, des laboratoires pharmaceutiques, Jacques Attali ou encore le gouvernement chinois.

Les complotistes n’ont-ils vraiment rien à nous apprendre ? Pas si sûr. Bien qu’il déploie un argumentaire fallacieux, Hold-up nous en apprend beaucoup sur les personnes qui croient à son argumentaire, sur les raisons qui les poussent à adhérer à des théories farfelues, mais aussi sur ses détracteurs et leur incapacité à alerter contre ce type de discours. Bref, à sa manière, Hold-up donne à penser. Pour comprendre ce qu’il peut y avoir d’intéressant – à défaut de vrai – dans cette production, nous l’avons montrée au philosophe des sciences Philippe Huneman, fin connaisseur de la rhétorique conspirationniste. Voici son analyse.

Le casse complotiste du siècle commenté par Philippe Huneman