Un porno éthique est-il possible ?

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Cet article est issu du numéro 7 de Philosophie magazine « 7 - mars 2007 », en kiosque le 22 février 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Tout est imaginable, mais tout n’est pas réalisable. Dès que des acteurs sont impliqués, le fantasme doit s’imposer des limites, sans quoi un porno ultraviolent et sans règles risque de devenir hégémonique.

S’il est un espace où la morale et l’éthique sont défiées, c’est bien celui de la pornographie vécue, la jouissance donnée à l’amant – le « monde du sexe », comme l’appelait Henry Miller. L’éthique traite du respect de l’autre, du rejet de ce qui pourrait lui être intolérable, du refus de le traiter en objet. Or, dans la pornographie vécue, il arrive d’adorer être réduit à merci, d’abdiquer sa volonté ou soumettre celle de l’autre, d’y perdre ego et cogito. Y chercher l’éthique reviendrait à la chercher dans l’ivresse. L’affaire relève de la sphère privée, du consentement. Dans le plaisir, nous sommes tous les putains, les pornê les uns des autres.

Alors l’éthique dans la pornographie filmée, le X ? Pas une aberration sexuelle qui ne puisse être représentée, dessinée, mise en images, en « graphie ». Toutes espèces de délires sexuels ont été peintes par le passé et continuent de l’être dans le X. Même si on y trouve surtout des kilomètres de baise robotique, le porno standard. Qui l’interdirait pour des raisons éthiques ? N’importe quel scénario peut et doit exister, sans censure morale. Le problème déontologique – éthique – se pose à la réalisation : toutes les scènes peuvent être fantasmées, mais peuvent-elles être tournées, incarnées ? Comment tourner une scène de torture avec une actrice non masochiste ou une scène de bestialité avec une femme non zoophile ? Difficile. C’est pourtant la question soulevée par certains films « amateurs » et l’arrivée sur le Net d’un X ultraviolent : le gonzo.

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