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Un ver, ça va ? La chronique d’Anne-Sophie Moreau

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Un ver, ça va ? La chronique d’Anne-Sophie Moreau

© Ivan Ivanovic/unsplash

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Cet article est issu du numéro 176 de Philosophie magazine « Comment prendre la bonne décision ? », en kiosque le 11 janvier 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le compostage est obligatoire depuis le 1er janvier. Mais comment vaincre sa répugnance envers sa cheville ouvrière, le lombric ? En (re)découvrant ses vertus écologiques, métaphysiques et même érotiques !

 

Je n’oublierai jamais cette vision d’horreur. Ces petits êtres grouillants, visqueux… Des vers ! Ils venaient d’une boîte de pignons de pin oubliée dans un placard, et voilà qu’ils rampaient sur le plafond de ma cuisine… La répulsion était si forte que j’étais prête à déménager. Ma mère, fine psychologue, en avait déduit que j’avais « peur des petits zizis ». Je crois plutôt avoir été hantée par une image de la mort, celle de la Charogne de Baudelaire et son « ventre putride d’où sortaient de noirs bataillons de larves ». Il paraît que mon dégoût a un nom : l’anthelmophobie, la peur des vers.

C’est donc avec terreur que j’ai appris que le compostage devenait obligatoire au 1er janvier 2024. Par chance, seules les collectivités locales sont concernées. Assistées de « maîtres composteurs » recrutés à la hâte, elles doivent favoriser le recyclage des biodéchets en mettant bacs de partage et lombricomposteurs à disposition des particuliers ou des « copros ». Toujours est-il que le citoyen responsable est encouragé à s’y mettre.

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