Une laisse extensible

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© Oriane Safré-Proust / Valerie Oualid 

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Cet article est issu du numéro 126 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’une saine colère ? », en kiosque le 10 janvier 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Décaler, annuler, modifier… Autant d’actions facilitées par les nouvelles technologies dont l’un des maîtres mots est la “flexibilité”. Mais cette flexibilité est-elle pour autant synonyme de liberté ? Rien n’est moins sûr.

Nous vivons dans un monde où il semble toujours possible de changer d’avis. C’est ce que le langage commercial appelle la flexibilité. La possibilité de modifier les dates d’un voyage, celle de décaler un rendez-vous chez le médecin ou celle d’annuler ses vacances font désormais partie de nos options quotidiennes. Et cela semble si rassurant. Comme si nous pouvions d’avance rattraper une erreur qui n’est pas encore commise, nous adapter aux circonstances qui ne sont pas encore advenues. Toutes les options restent ouvertes, tous les aléas sont couverts. La flexibilité promet à la fois une décision parfaite – décision réversible jusqu’à la dernière minute – et un degré de liberté supplémentaire. Perfection et liberté. On n’a rien à perdre à être flexible, on dirait.

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