Motifs cachés

“Qu’est-ce qui fait une bonne histoire ?”

Temps de lecture : 3 min

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© Oriane Safré-Proust / Valérie Oualid

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Cet article est issu du numéro 119 de Philosophie magazine « Le culte de la perfection. Jusqu’où s’améliorer ? », en kiosque le 26 avril 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Chaque mois, dans cette nouvelle chronique, Isabelle Sorente détectera pour nous un mythe ou une passion qui travaille secrètement la vie contemporaine. Elle montre ici que derrière tout scénario réussi sommeille une quête métaphysique.

Certaines questions ressemblent à des rêves récurrents. On n’arrête pas de se les poser. À croire qu’elles cachent un secret qui nous enivre, juste au-delà du point d’interrogation. Elles ont le pouvoir entêtant des obsessions. Le pouvoir, aussi, de vous faire paraître ridicule aux yeux de ceux qui ne se les posent pas. « Qu’est-ce qui fait une bonne histoire ? » m’a demandé l’autre jour un ami écrivain pour la… j’aimerais dire que c’était la troisième, la cinquième ou même la dixième fois que nous nous la posions, mais je crains que ce soit beaucoup plus que ça, vu que nous nous connaissons depuis des années. « Qu’est-ce qui fait une bonne histoire, d’après toi ? » Je ne connais que deux autres questions d’une force obsessionnelle équivalente. « Tu crois qu’il m’aime ? » et « Est-ce que Dieu existe ? » Des interrogations qui peuvent rapidement lasser votre entourage s’ils ne sont pas obsédés par la même chose que vous, un peu comme les gens ivres lassent les gens sobres. Le saint indien Ramakrishna (1836-1886) avait coutume de dire que les adorateurs de Dieu avaient besoin de se réunir pour parler de Lui, comme les fumeurs de chanvre pour parler de drogue, ou les amis des chats pour parler de chats. Et comme les adorateurs de la question « Qu’est-ce qui fait une bonne histoire ? » pour parler de la seule chose qui compte vraiment.

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