Crises existentielles

Vertige de la mue

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Cet article est issu du numéro 10 de Philosophie magazine « 10 - juin 2007 », en kiosque le 31 mai 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Une société qui se cherche elle-même n’aide guère ses adolescents à s’y retrouver. Pour se découvrir, nombreux sont les jeunes qui, par des conduites à risques pouvant aller jusqu’au suicide, se mettent à l’épreuve.

L’enfant peut connaître la souffrance au même titre que l’adolescent et l’adulte, mais pas de crise existentielle au sens propre ; il représente plus un enjeu existentiel pour les adultes qui l’entourent. L’adolescence est, en revanche, le moment où on voit surgir la crise existentielle. C’est même l’âge par excellence de la crise, où l’homme inaugure, tant du point de vue subjectif que social, le dépassement d’un état de totale dépendance en même temps que la confrontation à soi-même. La forme sous laquelle cette crise se manifeste est cependant fonction de la place que la société réserve à l’enfance et à l’adolescence. Et on imagine bien que, dans une société comme la nôtre où l’enfance est l’objet d’un investissement sans précédent, sous la forme contradictoire d’une demande précoce d’autonomie et d’une très forte protection, il soit d’autant plus difficile pour l’adolescent de s’en arracher.

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