Halloween
Voyage au musée de l’horreur dans la “Tour aux fous”, à Vienne
La tour « Madhouse » du prestigieux musée de pathologie « Narrenturm » de Vienne. © NHM Vienna, Kurt Kracher and Alice Schumacher
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Pour Halloween, nous avons pénétré les arcanes de la « Tour des fous », un ancien asile terrifiant situé à Vienne, en Autriche, devenu un musée d’anatomie pathologique. Un cadre idéal pour disséquer le morbide.
Avez-vous vu le film Shutter Island, avec Leonardo DiCaprio ? Si oui, vous êtes sans doute hanté par l’image de cette femme presque chauve, en blouse sale, qui, un doigt devant la bouche, semble cacher un effroyable secret. C’est dans ce type d’atmosphère, que nous plonge la « Tour aux fous » (Madhouse Tower en anglais ou, en allemand, Narrenturm) située à Vienne, en Autriche. Inaugurée en 1784, la bâtisse cylindrique de briques branches, accueillaient celles et ceux que l’on appelait « les malades mentaux ». Y entrer, c’est plonger, le temps d’une visite dans l’univers asilaire, tel qu’il se pratiquait aux XVIIIe et XIXe siècles.
“C’est officiel, ce lieu est hanté !”
Des couloirs tortueux, aux crissements des portes en passant par les chambres exiguës…Rien ne manque à l’appel. Pendant la visite, le guide passionné annonce en prime que l’acoustique est mauvaise, ce qui fait que « celui qui marche tout seul dans la tour entend le bruit de ses pas derrière lui, bien après son passage ». Une visiteuse américaine exulte : « D’accord, c’est officiel, ce lieu est hanté ! »
La découverte de l’intérieur des pièces est encore plus troublante. Les malades ayant (heureusement) déserté les lieux, la « Tour aux fous » est devenue le plus grand musée d'anatomie pathologique au monde. Nous ne sommes plus dans un asile, mais bien dans une sorte de cabinet de curiosités, tel qu’il en existait jadis et dont le but était d’exposer les éléments naturels étranges, hors norme, afin de montrer l’immense diversité de la vie biologique. Sauf qu’ici, ce ne sont pas des plantes mais des restes humains qui sont exposés. On y trouve pêle-mêle : des petits bocaux remplis d’ossements et de substances indéfinissables baignant dans du formol, un petit squelette recroquevillé, des moulages en cire plus vrais que nature – des « spécimens » – qui représentent différentes parties du corps : difformes, nécrosées, parfois couvertes de pustules et de pus. Âmes sensibles s’abstenir.