Le match
Y a-t-il des amours heureux ? Une question qui déchire Platon et Spinoza
> Platon et Spinoza. © Domaine public © Rawpixel
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Cet article est issu du numéro 195 de Philosophie magazine « Moi, moi et encore moi. Comment sortir de sa bulle ? », en kiosque le 04 décembre 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Plus de deux mille ans séparent les deux philosophes qui s’opposent sur un sentiment réputé éternel… l’amour. Qui saura gagner votre cœur ?
Premier round / Platon met les pieds dans le plat avec sa bande lors d’un banquet bien arrosé
Platon (v. 428-347 av. J.-C.) nous livre dans le Banquet, par la bouche d’Aristophane, un mythe peu encourageant sur l’amour. À l’origine, chaque être humain formait une unité parfaite, ressemblait à une boule comptant quatre bras, quatre jambes et deux sexes. Mais un jour, les dieux ont décidé de couper les humains en deux, pour les punir de leur orgueil. Depuis, les humains sont condamnés à souffrir du manque de leur moitié perdue, qu’ils ne cessent de rechercher. Cette souffrance de se sentir incomplet, découpé, est au fondement de toute expérience amoureuse, marquée par un deuil originel. Cela n’est pas sans rapport avec ce que dit Socrate à propos du désir, qu’il définit comme un manque. Aimer, c’est désirer ce que l’on n’a pas – et souffrir de ne pas l’avoir.