La notion
Zoopsychiatrie
© Braydon Anderson/Unsplash
Cet article est issu du numéro 148 de Philosophie magazine, en kiosque le 25 mars 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Emmener son chat chez le psy ? Drôle d’idée ! Les pathologies psychiques ne sont-elles pas le propre de l’humain ? Non, répondaient dès 1964 le vétérinaire Abel Brion et le neurologue Henri Ey dans Psychiatrie animale. Si les animaux sont doués de conscience, s’ils ont une forme d’esprit – ce que démontrent toujours plus clairement les sciences du vivant –, il faut envisager la possibilité de dysfonctionnements mentaux. La zoopsychiatrie est longtemps restée confidentielle, mais elle gagne aujourd’hui en audience, portée notamment par le chercheur Michel Kreutzer. L’éthologue observe dans le monde animal des pathologies semblables à celles constatées chez l’humain – « phénomènes d’anxiété, d’addiction, de stress, de dépression ou encore d’infanticides ». Plus intéressant encore, certains animaux pratiqueraient des formes d’automédication : « Rares sont les espèces qui ne consomment pas de substances pour s’euphoriser : les rennes cherchent des champignons aux propriétés hallucinogènes, les singes et les éléphants des fruits susceptibles de contenir de l’éthanol. » Sans doute y a-t-il dans ces observations des formes de projections anthropocentriques, nuance Kreutzer, mais tout un champ des « folies animales » reste bien à découvrir.