L'Equivalence des catastrophes : (Après Fukushima)

Une recension de Chloé Salvan, publié le

« Il n’y a plus de catastrophes naturelles : il n’y a qu’une catastrophe civilisationnelle qui se propage à toute occasion. » La civilisation de l’atome est celle du franchissement des limites, d’une guerre sans ennemi où les catastrophes sont devenues « équivalentes » puisque nous en sommes responsables tout en étant impuissants à empêcher leur répétition, explique Jean-Luc Nancy. Peut-on philosopher après Fukushima, qui a vu un tsunami dégénérer en drame de la technique, puis en séisme social, économique, politique et finalement philosophique ? Pas plus qu’il n’était possible pour Adorno d’écrire de poésie après Auschwitz, il n’est envisageable pour Nancy de philosopher dans un monde à ce point interdépendant qu’il en a perdu le sens de l’événement singulier, c’est-à-dire du tragique. Ce texte dense s’emploie donc à ranimer notre faculté de penser les « inéquivalences » contre les « catastrophes du sens » auxquelles leur nivellement nous expose. 

Sur le même sujet



Article
3 min
Anne-Sophie Moreau

Consterné par la puissance du lobby nucléaire, le philosophe japonais Kenichi Mishima porte un regard sévère sur l’aberration des choix…

« Fukushima, un crime légal »


Le fil
1 min
Octave Larmagnac-Matheron

C’est un anniversaire qui n’en est pas un, que l’on ne fête pas : il y a dix ans, le monde assistait au plus grand accident nucléaire depuis…

Il y a dix ans, Fukushima

Le fil
1 min
La Rédaction

Le 11 mars 2011, un tsunami dû à un séisme provoque la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon. Tétanisé, le monde remet alors en cause la prétendue sûreté…

Les limites de la raison