Mort de Nahel M.

Arié Alimi : “On essaie d'instaurer une équivalence entre la désobéissance et la mort”

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Nahel M., un jeune livreur de 17 ans inscrit en CAP électricité, a été tué le 27 juin 2023 lors d'un contrôle routier à Nanterre (92). Le policier, qui a pointé le “refus d’obtempérer” du conducteur, a initialement expliqué avoir fait feu pour stopper le véhicule qui lui fonçait dessus, arguant d’avoir agi dans le cadre de la légitime défense. Une version des faits contredite par une vidéo amateur devenue virale dont est tirée cette capture d’écran. L’auteur du tir a depuis été placé en garde à vue et une e

Nahel M., un jeune livreur de 17 ans inscrit en CAP électricité, a été tué le 27 juin 2023 lors d'un contrôle routier à Nanterre (92). Le policier, qui a pointé le “refus d’obtempérer” du conducteur, a initialement expliqué avoir fait feu pour stopper le véhicule qui lui fonçait dessus, arguant d’avoir agi dans le cadre de la légitime défense. Une version des faits contredite par une vidéo amateur devenue virale dont est tirée cette capture d’écran. L’auteur du tir a depuis été placé en garde à vue et une enquête a été ouverte par l’IGPN. © Ohana_FNG/AP/SIPA

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Au lendemain de la mort d’un mineur, abattu par la police au volant de sa voiture mardi à Nanterre (92) après un refus d’obtempérer et alors que la famille de la victime dénonce une pure et simple « exécution », un débat s’engage sur l’encadrement légal de l’usage de la violence policière. Nous avons demandé à l’avocat Arié Alimi, qui a défendu de nombreuses victimes de violences policières et s’apprête à publier L’État hors-la-loi. Logiques des violences policières (La Découverte, à paraître le 15 septembre prochain), de nous livrer son regard sur cet événement.


 

Hier en banlieue parisienne, un adolescent de 17 ans a été tué par le tir d’un policier lors d’un contrôle routier. L’auteur du tir a expliqué avoir fait feu pour stopper le véhicule qui lui fonçait dessus, au nom de la légitime défense, suite à un refus d’obtempérer. Une version des faits contredite par une vidéo amateur devenue virale. En tant qu’avocat habitué de ce genre d’affaires, que pensez-vous de ce qu’il s’est passé ?

Arié Alimi : Le « refus d’obtempérer » qui est mis en avant est déjà une notion problématique car elle implique une interprétation de l’attitude du conducteur qui est mort. Or, de la même manière qu’on ne peut établir a priori l’état de légitime défense éventuel du policier qui a tiré, je crois qu’on ne peut pas non plus préjuger de l’attitude d’un conducteur, ou d’un éventuel démarrage non volontaire. Ce discours consiste à transférer la responsabilité du tir mortel sur le conducteur lui-même et à le criminaliser, comme c’est souvent le cas en matière de violences policières.

“Le discours de la police consiste à transférer la responsabilité du tir mortel sur le conducteur lui-même et à le criminaliser, comme c’est souvent le cas en matière de violences policières” Arié Alimi

 

La vidéo amateur est venue démentir la version initiale des policiers qui avaient invoqué être en situation de légitime défense après le refus susmentionné. Elle a choqué…

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Bavure mortelle à Nanterre : la police se croit-elle désormais tout permis ?