Nucléaire

Il y a dix ans, Fukushima

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Miyako, préfecture d’Iwate, Japon. Une minute de silence est observée à 14h46, heure précise du déclenchement du séisme ayant entraîné, dix ans auparavant, le tsunami du 11 mars 2011 qui fit environ 20 000 morts dans l’archipel

Miyako, préfecture d’Iwate, Japon. Une minute de silence est observée à 14h46, heure précise du déclenchement du séisme ayant entraîné, dix ans auparavant, le tsunami du 11 mars 2011 qui fit environ 20 000 morts dans l’archipel. © Norikazu Tateishi/Yomiuri/Yomiuri Shimbun via AFP

C’est un anniversaire qui n’en est pas un, que l’on ne fête pas : il y a dix ans, le monde assistait au plus grand accident nucléaire depuis Tchernobyl. Frappé par un tsunami suite à un séisme au large des côtes japonaises, le système de refroidissement de la centrale de Fukushima, située sur la côte nord-est de l’île principale de l’archipel, s’enrayait et entraînait la fusion des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3. Dans la foulée, le gouvernement nippon renonçait au nucléaire civil pour alimenter le pays en électricité – seuls neuf des cinquante-quatre réacteurs actifs avant la catastrophe sont encore en fonctionnement aujourd’hui. Les choses ont bien changé, pourtant, en dix ans : en février dernier, le ministre de l’Industrie affirmait ainsi que « l’énergie nucléaire sera essentielle si le Japon veut atteindre son objectif de neutralité carbone d’ici 2050 ». Et si une large partie de la population japonaise – durablement marquée par le souvenir de l’accident comme par celui des bombardements atomiques de Nagasaki et Hiroshima – est hostile à l’énergie nucléaire, le gouvernement a bien l’intention de relancer cette source d’énergie dans l’archipel.

Folie, répondrait sans doute le philosophe japonais Ken’ichi Mishima, que nous avions interrogé alors, à l’occasion d’un dossier spécial. Comme il l’expliquait, « la catastrophe de Fukushima résulte de l’échec du contrôle démocratique sur la technologie industrielle. La construction de réacteurs dans une région notoirement sismique est un crime légal, un terrorisme structurel exercé sur les citoyens. » Des propos toujours aussi actuels.

“Fukushima était un crime légal”
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