« Fukushima, un crime légal »

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« Fukushima, un crime légal »

Centrale de Fukushima en 1999 (cc) kawamoto takuo / Flickr

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Cet article est issu du numéro 49 de Philosophie magazine « 49 - mai 2011 », en kiosque le 27 avril 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Consterné par la puissance du lobby nucléaire, le philosophe japonais Kenichi Mishima porte un regard sévère sur l’aberration des choix technologiques et énergétiques de son pays.

Face à une catastrophe comme Fukushima, l’Occident recourt à des références bibliques comme l’apocalypse. Qu’en est-il au Japon ?

Lorsqu’on ne peut contrôler un événement, il est naturel de recourir à sa propre tradition sémantique pour en avoir une maîtrise conceptuelle. Certains évoquent ainsi l’image bouddhiste de l’enfer, où coulent des fleuves de sang. Mais ils sont une minorité : devant l’ampleur des critiques, le gouverneur ultraréactionnaire de Tokyo qui avait parlé de Fukushima comme d’une « punition céleste » a dû retirer ses propos. Pour reprendre l’expression de Max Weber, le monde des Japonais est « désenchanté ». Si certains attribuent la catastrophe à une supposée force imprévisible de la nature, beaucoup y voient le résultat d’une défaillance humaine et avant tout politique. Pour moi, la catastrophe de Fukushima résulte de l’échec du contrôle démocratique sur la technologie industrielle. La construction de réacteurs dans une région notoirement sismique est un crime légal, un terrorisme structurel exercé sur les citoyens.

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