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Dominique Bourg : “Au lieu de se poser des questions oiseuses, l’Europe ferait mieux de s’interroger sur la sobriété à venir”

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Dominique Bourg : “Au lieu de se poser des questions oiseuses, l’Europe ferait mieux de s’interroger sur la sobriété à venir”

© Johannes Plenio/Unsplash

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L’Union européenne vient de classer le gaz et le nucléaire comme énergie verte. Dans cette tribune, le philosophe de l’écologie Dominique Bourg réagit à cette décision contestée et recentre le débat sur la question de la consommation, plus essentielle à ses yeux.

 

« Le Parlement européen a récemment octroyé un label écologique au gaz et au nucléaire, dans le cadre de la transition vers la neutralité carbone à l’horizon 2050. Il n’est pas difficile d’y voir une manière d’arrangement entre la France, pour le nucléaire, et l’Allemagne pour le gaz. J’aborderai rapidement la question du gaz pour ensuite interroger l’idée de labellisation écologique ou antiécologique d’une source d’énergie et des techniques afférentes. Je doute que la question ait un sens.

Le gaz, une énergie inadaptée au nouveau contexte

Depuis des décennies, le recours au gaz est conçu comme un palier dans la décarbonation du système électrique. La question se posait en partant d’un système de production électrique hautement carboné, dépendant massivement du charbon, et en retenant une échéance finale lointaine. Dans le cas allemand, compte tenu de la dépendance au charbon, et même au lignite, la démarche pouvait avoir un sens dans la perspective d’une décarbonation lente de la production d’électricité, sur de multiples décennies.

“Il n’est pas en soi d’énergie propre ou écologique” Dominique Bourg

Or, le contexte a profondément changé. Avec approximativement 420 ppm de concentration atmosphérique de CO2 et une moyenne de température de 1,1 à 1,2° Celsius supplémentaires, nous sommes d’ores et déjà confrontés à une fréquence et une intensité d’évènements extrêmes auxquelles nous ne nous attendions pas à ce stade. Il y a donc bien urgence, et c’est pourquoi le gouvernement Merkel, sous la pression de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe (Allemagne), a accepté de rendre plus ambitieux l’objectif de réduction de ses émissions – à moins 65% d’ici 2030 –, et donc d’accélérer la pente de décarbonation de son économie.

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