Les décisions absurdes : Tome 2, Comment les éviter

Une recension de Cédric Enjalbert, publié le

2 080 erreurs, sur l’identité du patient ou le côté à soigner, sont commises chaque année dans les salles d’opération, aux États-Unis. Ce chiffre confondant ouvre le second volet des Décisions absurdes, suite d’un premier essai analysant les mécanismes qui conduisent les groupes humains à commettre des erreurs récurrentes. Comment les éviter, s’interroge aujourd’hui Christian Morel ? En préférant à la rationalité « substantielle », faite de calculs savants mais inadaptés, une rationalité dite procédurale, soit l’adoption de règles systématiques et fiables : principe d’avocat du diable pour briser les faux consensus ; principe de non-punition, favorisant les retours d’expérience ; décision collégiale préférée à la décision hiérarchique… « Les gisements d’idées les plus révolutionnaires se trouvent là où on les attend le moins. » Et les applications à la sphère politique de ces révolutions de pensée sont aisées. Ainsi, l’auteur cite une règle du droit pénal talmudique : « Si les vingt-trois juges du tribunal du Sanhédrin prononcent une condamnation à mort à l’unanimité, cela entraîne automatiquement l’acquittement de l’accusé, et celui-ci n’est pas rejugé. » Paradoxal ? Non car « l’unanimité est le signe qu’il n’y a pas eu de véritable débat. La décision qui en résulte est à ce point suspecte qu’elle doit être sanctionnée par l’acquittement du coupable ». Ce qui s’appelle traiter l’absurde par l’absurde.

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