Le chiffre
“100 012”
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Cet article est issu du numéro 160 de Philosophie magazine « Penser, c’est dire non ? », en kiosque le 02 juin 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
C’est, selon les statistiques du Secrétariat du gouvernement, le nombre de personnes disparues au Mexique entre le 15 mars 1964 et le 16 mai 2022. Principalement liées à la « guerre sale » des autorités contre les mouvements révolutionnaires jusqu’en 1980, ces « disparitions forcées » sont désormais surtout dues au trafic de drogue. Dans l’article « Mexique : le défi esthétique de la disparition forcée » (2014), le philosophe Jean-Louis Déotte dénonce la brutalité « antisociale » de cette stratégie de l’enlèvement : « L’angoisse provoquée par la disparition forcée d’un proche est beaucoup plus invalidante que sa mort avérée, suivie des rituels funéraires. » D’après lui, « la mort prolonge, d’une certaine manière, les rapports que les vivants entretenaient entre eux. […] La disparition, au contraire, c’est brusquement l’absence de liens ».