Espace / Découverte
3I/ATLAS, l’objet interstellaire qui sème le trouble dans le ciel
La trajectoire de 3I/Atlas à travers notre système solaire. ©Nasa/JPL-Caltech
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 192 de Philosophie magazine « L’IA et moi », en kiosque le 21 août 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La découverte pour la troisième fois d’un « astre errant » à la trajectoire atypique nous laisse devant une question métaphysique, que se posait déjà Aristote : pourquoi tout, dans notre Univers, ne semble pas uniformément soumis aux mêmes lois ?
3I/ATLAS : c’est ainsi qu’a été baptisé cet objet interstellaire découvert le 1er juillet. Comme avant elle 1I/‘Oumuamua et 2I/Borissov, la comète suscite la curiosité de la communauté scientifique. Et pour cause : un objet interstellaire est un objet qui voyage à travers l’espace, de système stellaire en système stellaire, sans être lié par la gravité à une étoile. Probablement plus vieux que la Terre, venu des profondeurs de l’espace, 3I/ATLAS est seulement de passage dans nos contrées cosmiques et finira par quitter le Système solaire. Sa trajectoire hyperbolique est atypique. Elle ne ressemble pas à celle de la plupart des objets extraterrestres, qui gravitent autour d’un corps massif. Déjà, dans son Traité du ciel, Aristote s’intéressait à ce qu’il appelait les « astres errants ». Dans son modèle cosmologique qui place la Terre au centre, le philosophe antique désignait par cette expression les planètes proches dont le mouvement semble de prime abord désordonné par rapport à la rotation régulière et uniforme de la voûte céleste des étoiles fixes. Pour Aristote, ce désordre n’en est pas vraiment un : le ciel est divisé en différentes sphères emboîtées dont la rotation perpétuelle – « le seul mouvement continu et éternel », parfait – explique les trajectoires relatives des différents astres. Chacun, dans le monde supralunaire, suit sans perturbation, sans collision, sans heurt, le « mouvement naturel » contenu « en lui-même », qu’Aristote oppose aux « mouvements violents », « contre-nature », provoqués par l’influence extérieure d’un corps erratique sur un autre.