7 conceptions du moi
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Cet article est issu du numéro 104 de Philosophie magazine « La démocratie. Ça devrait être quoi ? », en kiosque le 27 octobre 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Platon (v. 427-v. 348 av. J.-C.)
L’Alcibiade pose la question du bon gouvernement qui, d’après Socrate, implique la sagesse, donc la connaissance de soi. Or c’est « chose très difficile et peu commune », admet-il. L’homme se confond-il avec son corps matériel, avec ses richesses, ou avec son âme ? « Nous ne saurions en nous-mêmes remonter plus haut que notre âme », conclut Socrate, pour qui connaître la sienne propre exige le miroir d’un autre, comme un œil dans lequel elle se refléterait.
Descartes (1596-1650)
Descartes amorce un virage vers l’intériorité qui évacue l’altérité. Pour lui, il n’y a qu’une certitude sur laquelle fonder toutes les autres : « Je pense donc je suis. » Le moi est « une substance dont toute l’essence ou la nature n’est que de penser », identifiée à l’âme « par laquelle je suis ce que je suis ». Mais cette substance est-elle immatérielle et éternelle ? Descartes s’interroge : « Peut-être se pourrait-il faire, si je cessais de penser, que je cesserais en même temps d’être ou d’exister. »