La lettre du jeudi
Adieu les cons !
“Ce n’est pas le couteau le plus aiguisé du tiroir” ni “le pingouin qui glisse le plus loin”… © RiswanRatta/Unsplash
Cet article est réservé aux abonnés.
« “Ce n’est pas le couteau le plus aiguisé du tiroir” ni “le pingouin qui glisse le plus loin” ni même “la chips la plus croustillante du paquet”. Depuis quelques années, ces expressions qui visent à désigner la stupidité prolifèrent en ligne, mais aussi dans la vraie vie.
Si elles peuvent faire sourire, ces formules m’interrogent : pourquoi prend-on un malin plaisir à traiter les autres d’idiots ? Qu’est-ce qui nous excite tant dans la “connerie” présumée de nos semblables ?
50 nuances de “con”
Plus qu’un plaisir, je constate même une délectation dans les manières de qualifier autrui d’imbécile. En témoigne la vaste panoplie de termes qui servent à dire le manque d’intelligence et qui sont souvent proférés avec une cruauté presque jubilatoire. En plus des expressions citées plus tôt, il y bien sûr le très classique “con” – de la dernière averse ou des neiges d’antan – dont on use et abuse, qui est teinté d’un jugement moral (le con est souvent bête et méchant, voire égoïste). Si l’on veut insister, on a tendance à le doubler en “con-con”, en “neuneu” ou en “pas fut’ fut’” : la répétition imitant presque la stupidité supposée de la personne ainsi désignée.