Agnès Le Leuch. La responsabilité en partage
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Cet article est issu du numéro 95 de Philosophie magazine « La nature a-t-elle toujours raison ? », en kiosque le 03 décembre 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Somalie, Darfour… Cette directrice du développement des ressources humaines s’est aguerrie dans l’humanitaire. Une expérience qui l’amène à transmettre une vision éthique du management.
Dates clés
- 1994 Intègre l’Essec Business School
- 1998-2003 Occupe différents postes dans le domaine de la logistique chez Rexel, Pikado.com et NewtonVaureal Consulting
- 2003 Après une embolie pulmonaire, part pour la Somalie au service d’Action contre la faim
- 2005 Après sa grossesse qui précipite son retour à Paris, rejoint Geodis
- 2010 Intègre BiC Europe en tant que manager de la chaîne de gestion logistique. Quatre ans plus tard, dirige le développement des ressources humaines
Certains cadres désabusés plaquent tout pour partir dans l’humanitaire. Agnès Le Leuch a suivi le parcours inverse. Partie en mission en Somalie, elle est revenue avec l’envie de retrouver le monde de l’entreprise. Et après avoir surmonté un burn-out grâce aux exercices spirituels des penseurs antiques, elle tente désormais d’introduire un peu de philosophie dans le management. « Tout a commencé par un événement brutal, raconte cette directrice du développement des ressources humaines chez BiC. J’ai eu l’immense chance de faire au début de ma trentaine une embolie pulmonaire. » Pendant son congé maladie, la jeune femme s’extrait de la frénésie de la vie professionnelle. L’occasion pour elle de prendre enfin au sérieux son envie d’agir dans l’humanitaire.
En 2003, elle s’envole avec son compagnon pour la Somalie, au service d’Action contre la faim. Objectif ? Mettre en place un programme d’accès à l’eau. Tout juste débarquée, la voici chargée de gérer un budget, de trouver des locaux ou de faire construire un puits, le tout à la tête d’agents locaux ne parlant pas anglais. « Je me suis débrouillée avec des gestes. Mais la plus grande difficulté a certainement été que je ne savais rien de ce qu’il fallait faire… Heureusement, mes équipes connaissaient le pays. » Ce déséquilibre la contraint à l’humilité, grâce à laquelle elle découvre les vertus de la consultation et de la délibération : « J’ai constaté qu’un bon leader n’est pas forcément celui qui prévoit tout et décide pour tout. La responsabilité est plus puissante quand elle est partagée. »