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Alternative für Deutschland… sans ambiguïté ?

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Alternative für Deutschland… sans ambiguïté ?

Affiche de l’AfD pour les élections législatives allemandes du 23 février 2025. ©DR

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Cet article est issu du numéro 187 de Philosophie magazine « Faut-il faire des compromis pour avoir la paix ? », en kiosque le 20 février 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Nous protégeons vos enfants », peut-on lire sur cette affiche de campagne du parti allemand d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) en vue des élections législatives du 23 février. Deux parents y abritent leurs enfants sous un toit symbolique formé par des bras tendus à la manière d’un salut nazi. À mesure qu’il grimpe dans les sondages, l’AfD relâcherait-elle sa stratégie de distanciation vis-à-vis des mouvances néonazies ? En 2020, Andreas Kalbitz, l’un des représentants de l’aile la plus dure de la formation, avait été exclu, tout comme d’autres figures troubles. Alice Weidel, la présidente de l’AfD, dont un des grands-pères était un juge nazi, répète à qui veut l’entendre son rejet de l’hitlérisme. Dans une discussion avec Elon Musk, accusé récemment d’avoir fait le même salut lors de l’investiture de Donald Trump, elle affirmait que le nazisme était un « socialisme » pour expliquer que l’AfD n’avait rien à voir avec cela. Le parti défend pourtant, avec constance, la fin de la « culture de la repentance » allemande pour les crimes de la période nazie. En 2024, Björn Höcke, l’un des leaders de l’AfD, était jugé pour avoir utilisé le slogan nazi « Tous pour l’Allemagne ». Est-il permis de douter, dans ces conditions, que ces bras tendus sont un appel du pied à peine dissimulé aux franges les plus radicales de l’extrême droite ? En anglais, on parle de « dog whistle » (« sifflet à chien aux ultrasons »), terme défini par les chercheurs Robert Goodin et Michael Saward comme : « une façon d’envoyer un message à certains partisans de telle manière qu’il reste inaudible pour les autres » (« Dog Whistles and Democratic Mandates », 2005). L’AfD ne dit pas explicitement : « Bienvenue aux néonazis », mais elle le suggère implicitement, quoique, ici, de manière extrêmement flagrante.