Nouvelles vagues
Amour, argent, travail… la loi de Pareto explique-t-elle vraiment tout ? La chronique d’Anne-Sophie Moreau
80 % des femmes seraient attirées par 20 % des hommes – les « chads », autoproclamés « mâles alpha » à la mâchoire carrée. © Getty images/unsplash
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Cet article est issu du numéro 197 de Philosophie magazine « L’Empire, stade ultime du capitalisme ? », en kiosque le 19 février 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
De la drague au monde du travail, en passant par notre dressing, cette théorie mathématique forgée à la fin du XIXe siècle semble s’appliquer à tous les domaines… sans que son efficacité n’ait jamais été démontrée. Alors, pourquoi fascine-t-elle autant ?
C’est l’une des théories favorites des masculinistes : 80 % des femmes seraient attirées par 20 % des hommes – les « chads », autoproclamés « mâles alpha » à la mâchoire carrée. Les autres hommes seraient condamnés à se partager les restes ou à demeurer célibataires. Ces incels sont formels : en matière de drague, la « loi de Pareto » s’applique. Mais de quoi s’agit-il ?
À la fin du XIXe siècle, l’économiste italien Vilfredo Pareto observe que 20 % des habitants possèdent 80 % des richesses du pays. Le statisticien et expert en qualité Joseph Juran en fera une loi d’airain du business. Dans les années 1940, il formule sa grande théorie : 80 % des effets sont le produit de seulement 20 % des causes. Son but ? Montrer que l’on se concentre trop souvent sur les détails au lieu de régler les problèmes majeurs.