Anne Fontaine, l’ambiguë
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Cet article est issu du numéro 56 de Philosophie magazine « 56 - février 2012 », en kiosque le 20 janvier 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Anne Fontaine a bientôt treize films au compteur. Les yeux légèrement prédateurs, elle stocke les instantanés des âmes pour en goûter ces circonvolutions douloureuses qu’elle restituera, ou non, dans ses fictions. Lesquelles sont plutôt des succès depuis Les histoires d’amour finissent mal… en général (1992) jusqu’à Mon pire cauchemar (2011). Succès mondial même avec Coco avant Chanel (2009), qui a fait d’elle une réalisatrice courtisée par les Anglo-Saxons : elle tourne en ce moment en Australie une adaptation du roman de Doris Lessing, Les Grands-mères, avec Naomi Watts et Robin Wright. Une zone encore trouble pour un passeur qui n’aime rien tant que rester entre les rives.
Quel est votre démon ?
La vitesse.
Quel penseur vous accompagne ?
Flaubert.
Le sophiste qui vous exaspère le plus ?
Celui qui me dirait : « Essaie d’être heureuse. »
La question qui vous tourmente ?
Un sentiment de précarité existentielle.
Quel lieu se rapproche, pour vous, de la cité idéale ?