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Attentat en Russie : pourquoi exhiber la torture ?

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Attentat en Russie : pourquoi exhiber la torture ?

Moscou (Russie), le 25 mars 2024. Saidakrami Murodalii Rachabalizoda, suspecté d’avoir pris part à l’attaque contre la salle de concert Crocus City Hall. © Pavel Bednyakov/Sputnik/Sipa

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Des chocs électriques sur les parties génitales, une oreille arrachée, un sac en plastique sur la tête. Les tortures infligées aux suspects de l’attaque terroriste moscovite n’ont pas seulement été commises : elles ont été montrées, exhibées par l’État russe. Pourquoi cette volonté étatique de mettre en scène la violence qu’il exerce sur les corps ? Explications avec Foucault.


En Russie poutinienne, une barbarie aussi décomplexée que stratégique

« À la fin du XVIIIe siècle, la torture sera dénoncée comme le reste des barbaries d’un autre âge : marque d’une sauvagerie qu’on dénonce comme “gothique” », écrit Michel Foucault dans son célèbre ouvrage Surveiller et Punir (1975). Force est de constater que la torture fait encore aujourd’hui partie intégrante des pratiques de certains États, comme l’ont montré les images et vidéos des sévices physiques infligées aux quatre suspects de l’attentat commis samedi 22 mars dernier à Moscou. Les forces de sécurité moscovites ont torturé le corps des suspects, mais l’État russe a également choisi d’exhiber ces images, de les diffuser au monde entier.

Le recours à la torture, pourtant fréquent au Kremlin (notamment en 2017 lors de l’attentat de Saint-Pétersbourg),est ici manifeste. Sur les quatre suspects au visage tuméfié, ensanglanté, meurtri, le dernier est arrivé à l’audience inconscient, en fauteuil roulant. Tandis qu’un autre portait autour du cou les vestiges d’un étranglement au sac plastique. Au moins l’un d’entre eux a reçu des chocs électriques sur les parties génitales. Selon une vidéo encore non authentifiée diffusée par un bloggeur russe, un autre se fait couper l’oreille, qu’on lui enfonce ensuite dans la bouche. Lorsqu’il a été interrogé sur ces actes, Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a répondu au journaliste « je laisserai cette question sans réponse ». 

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