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Avoir des enfants, un choix éclairé ?

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© Janko Ferlic/Unsplash

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Cet article est issu du numéro 173 de Philosophie magazine « Peut-on être en accord avec soi-même ? », en kiosque le 21 septembre 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Faut-il se lancer dans une expérience dont nous ne savons rien avant de l’avoir vécue et sans retour possible en arrière ? Par exemple, avoir un enfant. La métaphysicienne américaine Laurie Ann Paul et l’essayiste français Jean Birnbaum se répondent.

 

Peut-on faire le choix de devenir parent en toute lucidité ? C’est la question que pose l’Américaine Laurie Ann Paul et à laquelle répond le Français Jean Birnbaum. Dans son style analytique et très lisible (si l’on s’accroche un peu), elle propose d’abord une expérience de pensée : voudriez-vous devenir un vampire, ce qui a ses avantages (immortalité, séduction assurée, appartenance à une communauté d’élite) et ses inconvénients (vie diurne interdite, difficultés avec les miroirs et intolérance à l’ail) ? Vos amis qui ont sauté le pas vous y encouragent grandement et assurent qu’ils ne redeviendraient pour rien au monde de pauvres homoncules. Vous hésitez. Mais vous savez que leur jugement est faussé par leur expérience et qu’ils n’ont plus les moyens de juger en humains. Et puisque vous ne savez pas l’effet que cela fait de vivre en fantôme de la nuit, vous ne pouvez pas effectuer un choix complètement rationnel.

L. A. Paul montre qu’entre les décisions spontanées ou conformistes, où l’on décide de ne pas se poser de question et de foncer, et les choix informés pour lesquels on soupèse soigneusement le pour et le contre, existe une troisième catégorie, celle des expériences transformatrices qui changent notre identité de façon irréversible. « Vous savez que le fait de vivre cette expérience changera ce que cela fait de vivre votre vie, voire changera profondément et fondamentalement ce que cela fait d’être vous. » Le problème plus général est que « nous devons affronter le fait brut, que nous ne savons presque rien de notre avenir, précisément quand il serait crucial d’en savoir plus », insiste la philosophe.

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