Bergson, un succès dans la durée
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Cet article est issu du numéro 112 de Philosophie magazine « À quoi tient l’autorité ? », en kiosque le 24 août 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Henri Bergson naît le 18 octobre 1859 à Paris dans une famille cosmopolite : son père est juif polonais, sa mère anglaise. D’abord séduit par les mathématiques, il se tourne vers la philosophie lorsqu’il intègre à 19 ans l’École normale supérieure. Il obtient l’agrégation en 1881, puis enseigne au lycée. Ses élèves l’adorent : « Nous avions déjà l’impression qu’il réinventait tout et qu’il irait plus loin encore », se souvient le poète Léon-Paul Fargue. Sa première publication en 1889, Essai sur les données immédiates de la conscience, fait mouche : s’il cite les recherches scientifiques les plus récentes, c’est pour mieux s’en éloigner et proposer l’idée d’un temps comme durée subjective, soit « la succession de nos états de conscience ». Suivent Matière et Mémoire (1896), Le Rire (1900), L’Évolution créatrice (1907), autant d’essais qui font de leur auteur l’un des philosophes les plus populaires de son temps. Nommé au Collège de France en 1900, puis à l’Académie des sciences morales et politiques, Bergson devient une célébrité. La Grande Guerre marque son entrée en politique : il défend « une lutte engagée contre l’Allemagne » et intervient auprès du président Wilson pour convaincre les États-Unis d’entrer en guerre. En 1927, le prix Nobel de littérature couronne son œuvre. À l’approche du second conflit mondial, il est malade. Mais face aux nazis et au régime de Vichy, Bergson répond sans ambiguïté : « J’ai voulu rester parmi ceux qui seront demain des persécutés. » Il réclame l’étoile jaune alors qu’on lui offre le titre d’« aryen d’honneur ». Il meurt le 4 janvier 1941.