Économie / Durée du travail

Le compte à rebours de la banque du temps

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Le compte à rebours de la banque du temps

Un employé de la société Bodet, porte une horloge à l'usine de Trémentines, dans l'ouest de la France. ©Jean-Sébastien Evrard/AFP

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Cet article est issu du numéro 157 de Philosophie magazine « Comment la droite s’est emparée des esprits », en kiosque le 17 février 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le temps a ses objets, les montres, les horloges, il pourrait bien avoir sa banque. Destiné à moduler la durée du temps de travail selon l’âge et tout au long de la vie, ce dispositif risque plutôt de réduire nos vies à des espaces quantifiables. Explications avec Bergson.

 

« Le temps c’est de l’argent. » Bientôt, l’expression ne sera peut-être plus une métaphore. C’est en tout cas ce que laisse présager le projet de création d’une « banque du temps », annoncé par les dirigeants de La République en marche chargés d’élaborer le programme d’un second quinquennat Macron. Cette idée – déjà évoquée par le président dans le documentaire Les Coulisses d’une victoire réalisé en 2017 – consiste à penser la durée de travail comme une somme modulable, que l’on pourrait répartir différemment tout au long de sa vie. Il s’agit notamment d’augmenter le temps de travail des jeunes qui pourrait aller jusqu’à quarante-cinq heures par semaine, tout en réduisant celui des parents ou des seniors. Dans un contexte où certains partis proposent à l’inverse de réduire la semaine de travail à trente-deux heures pour tout le monde, l’annonce a été très mal reçue. Des Tweets massivement relayés ont notamment alerté sur les dégâts psychologiques de la diminution du temps libre, ainsi que sur l’augmentation des difficultés d’accès à l’emploi que pourrait causer une telle mesure. Mais, outre les effets potentiellement délétères d’une semaine de quarante-cinq heures, l’idée même d’une « banque temporelle » a de quoi inquiéter.

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