Philo fourneaux
Bifteck à la florentine façon Machiavel
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Cet article est issu du numéro 96 de Philosophie magazine « Le bien et le mal, ça s’apprend ? », en kiosque le 21 janvier 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Ingrédients: 1 côte de boeuf de 800 g (de type t-bone), 10 cl d’huile d’olive, sel fin, gros sel, poivre, pommes de terre ou salade
Chapitre XXVII. Comment on doit cuire la bistecca.
Un prince doit fort peu prendre en compte les conjurations si le peuple l’a en affection. C’est pourquoi le meilleur moyen de conserver une principauté, que celle-ci ait été reçue de la fortune ou conquise par les armes, a été perçu de manière clairvoyante par Laurent le Magnifique, quand celui-ci prit des mesures pour être aimé du vulgaire tout en étant craint par lui. Telle est l’origine de l’excellente coutume voulant qu’à Florence, au jour de la San Lorenzo, l’on offre de larges tranches de viande au peuple pour que celui-ci les fasse griller sur de grands feux de joie. Concernant la cuisson de la bistecca, on entend parfois diverses rumeurs, inspirées par une fallacieuse sagesse, d’après laquelle l’huile d’olive serait un ingrédient superflu. Cette idée est si éloignée de la vérité effective de la chose qu’elle ne peut avoir trouvé naissance en Italie, et un tel bruit ne doit son existence qu’à la présence des barbares sur notre sol. C’est pourtant une nécessité naturelle et ordinaire que de masser la viande avec de l’huile d’olive en guise de préalable à toute cuisson, en vertu de cette maxime évidente selon laquelle qui souhaite satisfaire sa faim veut aussi les moyens.