Analyse

Brisons la glace

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Cet article est issu du numéro 42 de Philosophie magazine « 42 - septembre 2010 », en kiosque le 26 août 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Organisés par les membres du réseau social Facebook, les apéros géants sont une source d’inquiétude pour les autorités. Expriment-ils une soif d’échange réel par-delà la communication virtuelle ?

Il n’y a pas si longtemps, on reprochait à Internet de détruire petit à petit tous les liens sociaux. Souvenez-vous de ces propos alarmistes, dépeignant des individus rivés à leurs écrans d’ordinateurs, reclus dans un monde virtuel et fuyant tout contact avec l’autre… Avec les apéros Facebook, ces gigantesques rassemblements qui ont essaimé de ville en ville au printemps dernier, la génération Internet montrait à ces cassandres des années 2000 que les réseaux numériques pouvaient aussi servir à concrétiser des liens virtuels. Mais, pour beaucoup, cette rencontre physique, associée à la consommation d’alcool, n’a rien d’une sociabilité authentique. Alain Finkielkraut parle même d’une « biture pride ». La rencontre entre monde virtuel et monde réel, sous la forme de cette alliance inattendue entre cybermodernité et tradition bien française, laisse perplexe. Faut-il y voir la manifestation d’une sociabilité alcoolisée aussi factice que sa source virtuelle ou l’expression d’une soif d’échange réel promettant bien plus qu’une cuite collective ?

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